On profite de ce début d’année pour faire un petit point de situation concernant Freeform et nos actions auprès de la scène techno.

2018 a clairement été une année compliquée pour l’association. En début d’année, les ministères de l’Education, la Culture et la Mildeca nous confiaient plusieurs missions : accompagner la mise en place de multisons dans des régions pilotes, mener des missions de médiation autour de ces régions et contribuer à y développer les actions de RDR. Nous avons renforcé l’équipe, lancé pas mal d’actions mais pour vraiment commencer, il nous fallait un dernier écrit du ministère de l’Intérieur qui expliquait aux préfectures des régions concernées comment ça allait se passer. Ce document n’est jamais venu et tout est devenu compliqué.

Même si les sons engagés étaient très motivés, cela restait très difficile de faire avancer les projets et nous nous sommes cassés les dents contre les services de l’état en local qui ont souvent étés peu coopératifs. Grace à la motivation de certains sons, avec l’appui de la DJEPVA et de la MILDECA, deux belles fêtes ont pu aboutir : le Multison 44 et une 48h pour les 15 ans des PSK dans le 28 mais c’est tout. Pas beaucoup alors qu’on partait avec un objectif de 7 multi dans l’année. Et pour ces deux fêtes réussies, combien de déceptions, de réunions et de kilomètres inutiles ? Merci aux sons qui ont joué le jeu et dont le travail et la motivation ont étés mis à rude épreuve par ce mur d’incompréhension.

Idem pour le 1er mai où nous avons porté le projet d’un teknival autorisé et co-construit avec les sons pour se prendre un refus dans les dernières semaines. Cela a créé beaucoup de stress et de questions sur le sens de notre intervention, autant pour nous que pour les collectifs.

Sur le volet RDR, nous avons tenté de coopérer avec les associations du secteur pour arriver à un objectif qui était de permettre d’avoir plus de RDR dans les teufs de ces régions pilotes mais cela n’a pas été un franc succès. Si notre respect ira toujours aux acteurs communautaires historiques de terrain, d’autres rencontres furent plus … étonnantes. Nous saurons en tirer des leçons pour l’avenir.

Enrichissantes aussi les médiations que nous avons pu faire avec certains élus locaux, qui, il faut bien le dire, restent dans leur majorité fermés à tout type d’évolution dans leur perception de la free party. Il y a encore du travail de ce côté-là aussi, mais du 91 au 73 en passant par le 34 ou le 29, peu d’élus semblent vouloir accepter que la situation des free ne changera pas sans qu’ils fassent un effort pour faire une place aux sound systems.

Du côté du Fonds de Soutien des Sound Systems, même si le nombre de saisies est un peu en baisse cette année, le travail est resté important tout au long de l’année. Nous sommes heureux d’avoir pu assurer la transmission de la gestion du fonds vers la Coordination Nationale des Sons, à qui nous envoyons tous nos vœux et l’assurance de notre soutien pour 2019…et bien au-delà !

De bonnes choses aussi, avec plus de 150 lives à l’Infrabase dans l’année, les vidéos de Party Hard qui vous ont bien plu, des rencontres nationales qui ont une fois de plus fait le plein, 3 vinyles avec Chrysaldisk et toujours beaucoup d’échanges et de conseils au quotidien pour les sons. De belles rencontres et du bon son, c’est toujours un plaisir.

Mais malgré tout, il convient que nous tirions un bilan honnête et objectif de cette année, autant des échecs que des réussites qui ont étés les nôtres. L’appui aux teufs sans un soutien fort du ministère de l’Intérieur est possible mais il passe probablement par d’autres voies que les gros multisons ou teknivals qui restent des facteurs de crispation. Difficile de faire coïncider les valeurs humaines, le respect de l’environnement, l’engagement bénévole, la concertation, les bonnes relations avec les riverains et ces gros projets…même si c’est toujours un plaisir de voir 10 000 personnes booster ensemble lors d’une fête 🙂

A nous d’inventer d’autres façons de promouvoir ce en quoi nous croyons : une scène techno gardant ses spécificités dans un contexte apaisé où créativité, personnalités, transmission des savoir et convivialité peuvent s’épanouir harmonieusement. Nous avons toujours ce message d’espoir à faire passer aux organisateurs de teuf à travers la France entière.

Dans les semaines à venir, nous allons retravailler, en interne mais aussi avec nos partenaires à redéfinir ce qui sera notre projet pour 2019 et les années à venir.
Nous ne baisseront pas les bras car défendre et promouvoir la scène techno, avec tout ce que ce secteur comporte de pratiques amateurs, d’innovation et de créativité reste pour nous une envie et avant tout, une passion.

Bonne année 2019 à tous et à très bientôt !