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FICHE N°12 : LE CHILL-OUT

 

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Apparu dans les années 90 au sein des premières raves, le chill-out est un élément essentiel des évènements de la scène techno. Lieu de repos mais aussi de convivialité et de réduction des risques, chillez dans toutes les conditions!

SOMMAIRE
I. QU’EST-CE QU’UN CHILL-OUT ?
II. SE DONNER LES MOYENS DE FAIRE UN CHILL
III. LE CHILL OUT COMME OUTIL DE REDUCTION DES RISQUES

I/QU’EST-CE QU’UN CHILL-OUT ?

Associé au milieu techno, depuis les années 90, le chill-out est un espace à part dans une soirée techno, que ce soit une free, une rave ou même dans un club. A côté du dance floor et de son intensité sensoriellement sursaturée, le chill est un lieu de détente et de repos ou l’on peut s’assoir et parler sans avoir à crier pour se faire entendre. Souvent, c’est aussi un espace dédié aux installations artistiques, aux performances ou à la musique.
Avec son atmosphère particulière, généralement chaleureuse et cosy, il favorise les rencontres et devient un point de rendez-vous alternatif au mur de son. En anglais, «chill out» signifie se détendre. Tapis, coussins, canapés, lumières tamisées, tout donc est mis en œuvre pour en faire un endroit reposant, détendant. C’est un lieu convivial, qui permet de prendre le temps d’échanger et de profiter de la soirée autrement.
Son existence est clairement liée à la radicalité des pratiques et des conditions de participation aux fêtes techno. A un moment de consommation d’alcool ou de produits, de danse intense et d’émotions fortes, alors que certains font parfois quelques centaines de kilomètres en stop pour arriver sur une soirée, le besoin d’un endroit pour se reposer ou prendre une bouffée de calme peut se faire sentir, surtout lors d’une soirée indoor.

On peut revisiter le concept du chill-out selon les envies, il est modulable et permet d’offrir un espace de fête supplémentaire, mais c’est aussi un espace d’expression et de diffusion pour les artistes, collectifs… Le chill-out est un vrai lieu de sociabilité de la free party, il participe à la cohésion, à l’ambiance et l’état d’esprit de la soirée.

II/ SE DONNER LES MOYENS DE FAIRE UN CHILL

Faire un chill out c’est un moyen supplémentaire de faire rentrer le public dans un univers artistique et une utopie festive, que ce soit par la musique, la déco ou toutes autres propositions. De la simple tente aménagée pour le repos des participants en passant par les arts du cirque, des projections, expositions, à vous de mettre en place un dispositif dont les gens se souviendront autant que du mur de son.
Pour la musique aussi, les possibilités sont infinies. Ambient, house, trance, indus, dub ou même «chillcore» qui donne la part belle aux rythmes rapides, à vous de choisir, mais attention à ce que le chill ne devienne pas un deuxième dance-floor!

Le chill-out nécessite une organisation autant que les autres éléments de la teuf. Il faut mobiliser un peu de matériel et des personnes pour le faire vivre. Il peut être installé en extérieur éventuellement abrité d’un barnum ou d’un chapiteau mais il peut aussi prendre place en intérieur si la soirée se déroule dans un hangar ou une salle. On peut y trouver des coussins, tapis, moquettes, matelas, tables… C’est un espace confortable, visible mais à l’écart du son, pour permettre au public d’échanger. Il existe des collectifs spécialisés dans la pose de chill-out car c’est un art aussi subtil que celui de décorer un dance floor.
Le chill-out peut prendre différentes formes et fonctions, soyez créatif et utilisez-le comme bon vous semble! Par exemple profitez de cette installation pour expérimenter, proposer des collaborations artistiques et mettre en relation le public avec votre univers, c’est un terrain propice à l’échange d’informations, à la transmission des valeurs, à la distribution de flyers…
Quelle que soit votre interprétation du chill-out; une invitation à la détente ou au repos, créer un univers artistique ou interpeller le public sur des thèmes qui vous sont chers (écologie, fête libre, solidarité…), il donne la possibilité de jouer sur l’ambiance d’une fête et de rendre l’expérience festive encore plus complète.
Une fois le chill installé, il est important de s’en occuper pendant la soirée. Nettoyage, remise en place des espaces que les gens peuvent avoir fait bouger, c’est aussi l’occasion de faire le point avec ceux qui sont là depuis un moment. Vérifier délicatement que les dormeurs sont bien des dormeurs, parler avec ceux qui semblent perdus. On comprend vite que le chill a aussi une fonction de régulation dans la soirée.

III/ CHILL-OUT ET REDUCTION DES RISQUES

Le chill-out présente un intérêt dans une action de réduction des risques à deux niveaux.
Tout d’abord structurellement, de par sa nature même. C’est un lieu où les gens se retrouvent et aussi se reposent. La dynamique est différente que celle qu’on trouve devant le son. Ici les gens s’assoient, s’allongent et discutent. C’est un espace où les corps surchauffés par la danse peuvent refroidir, s’hydrater surtout quand de l’eau ou des boissons chaudes comme du tchaï ou du thé sont proposées gratuitement ou à moindre cout.
C’est un lieu où les amis peuvent se retrouver et faire le point sur leur état réel et leurs consommations, au calme, de manière plus posée. On peut y prendre soin des proches, avoir des nouvelles de ceux qui veulent rentrer, y laisser une personne fatiguée pour la retrouver une heure plus tard sans qu’elle soit obligée de re-consommer pour suivre le groupe, etc.

C’est aussi un espace ou une personne qui a perdu son groupe ou qui est venue seule à la fête peut faire des rencontres et échanger si elle ne se sent pas bien.
C’est aussi parfois un endroit ou l’on peut dormir avant de reprendre la route, même si le chill out n’est pas un sleep-in. Si vous organisez une fête de plusieurs jours et que vous avez les moyens, installer un sleep-in, c’est-à-dire un «dortoir» avec des matelas ou des tatamis, de l’ombre et du calme, il peut présenter un vrai cadeau pour votre public.
Le chill out est aussi un espace de travail idéal pour les personnes responsables de la réduction des risques qui peuvent amorcer des discussions avec les usagers des pratiques à risques où même prendre en charge une personne en difficulté.
Parfois on trouve le stand RDR installé à côté ou carrément dans le chill-out. Cette proximité permet d’identifier les personnes en souffrance et d’échanger avec elles posément.
Avec le temps, certaines association de RDR ont pris l’initiative d’installer leurs propres chill-out et de le gérer eux-même. Le chill devient alors LE support de l’action de RDR en teuf. Ce dispositif permet de tisser un lien avec le public en créant un lieu d’accueil agréable et identifiable qui donne envie aux gens d’y venir. Le chill-out devient partie intégrante de la fête et de l’action de réduction des risques.

Le public peut même s’y retrouver d’une fête sur l’autre, ce qui permet de créer un lien régulier d’une fête sur l’autre avec certains usagers qui peuvent en avoir besoin.
Le chill-out RDR se décline en fonction des besoins et des intervenants. Vous y trouverez généralement un espace de repos, une table d’info et du matériel (éthylotests, roule ta paille, préservatifs, matériel d’injection, bouchons d’oreilles …) mais aussi des personnes à l’écoute pour discuter, informer, orienter.
N’hésitez pas à prendre contact avec une asso de réduction des risques de votre secteur (voir carte interactive des asso sur freeform.fr)