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3 jours

Première formation en cours :)
 Préparer un set pour une performance live et pour jammer  pour les suivantes nhésitez pas à vous inscrire ici : studio@freeform.fr !
avec Bilal Dakrew
Attention, les places des formations partent vite! 

Mardi 14 Mai 14H30: Préparer un set pour une performance live et pour jammer en liberté. Complet !  

 Informations : 
Bilal [DA KREW] met 15 ans d’expériences sur Ableton Live et les contrôleurs MIDI au service du public désireux de développer le jeu live, la jam session, la programmation sur Max For Live, les contrôleurs Diy et autres astuces ludiques.

Prérequis : Pratiquer le live et avoir quelques notions d’Ableton.

Renseignements et inscriptions: 05 32 02 15 86 ou par mail contact@freeform.fr

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Mathias Cottard Thibaut Ballasi Alan Bickert

Louis Garel

Tom Cozic A'kablé Dmt

Yo Shi

Erwan Seveno

Estelle Simone Poncet

Vincent Delort 😉

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LIVER EN LIBERTÉ – Sessions de formation son

En collaboration avec Bilal [DA KREW], Freeform lance une série de formation à l’attention des livers de la scène électro. L’objectif de ces sessions ? Vous aider à gagner de la liberté et de la créativité quand vous jouez devant un public ! Configuration des contrôleurs avec Ableton, création d’interfaces personnalisées à partir de manettes de jeu ou finger drumming, tout ce dont vous avez besoin pour vous sentir libre sur scène !

1 session de 4 heures tous les mois / 15 € par formation avec adhésion à l’asso comprise / Limité à 5 participants @L’infrabase, le studio de Freeform à Toulouse !

Le calendrier :

Mardi 14 Mai 14H30: Préparer un set pour une performance live et pour jammer en liberté.

Mercredi 12 Juin 14H30: Utilisation du groove et autres techniques pour sortir des grilles rythmiques classiques.

Mardi 02 Juillet 14H30: Humaniser sa composition.

Mardi 10 Septembre 14H30: Atelier Finger Drumming pour controleurs à pads.

Mardi 8 Octobre: Utiliser des contrôleurs de jeu ou DIY pour contrôler Ableton et hacking de manettes de jeu.

Mardi 12 novembre: Perfectionnement Ableton Live (Racks, Chains et autres astuces).

Mardi 10 décembre: Initiation MaxForLive (découverte de l’environnement de programmation et création de plugs-ins).

Bilal [DA KREW] met 15 ans d’expériences sur Ableton Live et les contrôleurs MIDI au service du public désireux de développer le jeu live, la jam session, la programmation sur Max For Live, les contrôleurs Diy et autres astuces ludiques.

Prérequis : Pratiquer le live et avoir quelques notions d’Ableton.

Renseignements et inscriptions: 05 32 02 15 86 ou par mail contact@freeform.fr

38 rue des anges, 31200 Toulouse.

Crédit photos lamachineareves.net
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3 semaines

LIVER EN LIBERTÉ – Sessions de formation son

En collaboration avec Bilal [DA KREW], Freeform lance une série de formation à l’attention des livers de la scène électro. L’objectif de ces sessions ? Vous aider à gagner de la liberté et de la créativité quand vous jouez devant un public ! Configuration des contrôleurs avec Ableton, création d’interfaces personnalisées à partir de manettes de jeu ou finger drumming, tout ce dont vous avez besoin pour vous sentir libre sur scène !

1 session de 4 heures tous les mois / 15 € par formation avec adhésion à l’asso comprise / Limité à 5 participants @L’infrabase, le studio de Freeform à Toulouse !

Le calendrier :

Mardi 14 Mai 14H30: Préparer un set pour une performance live et pour jammer en liberté.

Mercredi 12 Juin 14H30: Utilisation du groove et autres techniques pour sortir des grilles rythmiques classiques.

Mardi 02 Juillet 14H30: Humaniser sa composition.

Mardi 10 Septembre 14H30: Atelier Finger Drumming pour controleurs à pads.

Mardi 8 Octobre: Utiliser des contrôleurs de jeu ou DIY pour contrôler Ableton et hacking de manettes de jeu.

Mardi 12 novembre: Perfectionnement Ableton Live (Racks, Chains et autres astuces).

Mardi 10 décembre: Initiation MaxForLive (découverte de l’environnement de programmation et création de plugs-ins).

Bilal [DA KREW] met 15 ans d’expériences sur Ableton Live et les contrôleurs MIDI au service du public désireux de développer le jeu live, la jam session, la programmation sur Max For Live, les contrôleurs Diy et autres astuces ludiques.

Prérequis : Pratiquer le live et avoir quelques notions d’Ableton.

Renseignements et inscriptions: 05 32 02 15 86 ou par mail contact@freeform.fr

38 rue des anges, 31200 Toulouse.

Crédit photos lamachineareves.net

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Bilal Dakrew

Theo le Douarin

1ER MAI ET AUTRES TEKNIVALS FRANÇAIS, RETOUR SUR 26 ANNÉES DE FÊTES DEVENUES UN ENJEU POLITIQUE.

Depuis l’abandon de la « doctrine Sarkozy » en matière de gestion des teknivals en 2016 par le ministère de l’Intérieur, le rôle de médiation d’une association comme Freeform est progressivement devenu obsolète sur cette manifestation d'ampleur nationale. Cependant, avec pour certains d’entre nous près de 25 ans d’implication dans cette mission de médiation entre les sons et les autorités, nous tentons de remettre les éléments en perspective sur le temps long.

Retour sur 26 ans de teknivals français et de l’évolution des enjeux politiques qu’ils ont pu porter.

1993 – 1998 : les années d’insouciance

Les premières éditions du teknival correspondent à l’émergence d’un mouvement free party français tout feu tout flamme, un peu fou et utopique, importé d’Angleterre par des collectifs impliqués à la fois musicalement et politiquement tels que les Spiral Tribe, UFO, Vox populi, Bedlam… Leur vision rencontre vite un écho auprès des jeunes français. De nombreux sound systems se forment, les rejoignent et prennent en main l’organisation de ces fêtes. Si le nombre de participants reste limité, les rassemblements durent parfois 8 jours non-stop et sont fréquentés par un public d’initiés : travellers, tribes françaises et européennes fortement impliquées dans cette culture émergente et le mode de vie qui va avec. Bien que non déclarés, les teknivals ne posent pas de problèmes majeurs aux autorités et se déroulent avec une tolérance relative.

98-2002 : La montée en puissance

Sur cette période, les teknivals se multiplient et la fréquentation augmente. Ces fêtes, en devenant plus populaires, deviennent aussi un enjeu d’ordre public. Choix de sites hasardeux, difficultés à gérer l’afflux d’un public de plus en plus nombreux et moins conscientisé. L’image des teknivals se dégrade rapidement. Alors que les free aussi se multiplient sur le territoire, une loi vient tenter de mettre un coup d’arrêt à l’expansion du mouvement, c’est « l’amendement Marianni » qui donne un outil radical aux forces de l’ordre pour stopper ces fêtes : la saisie du matériel.

2002-2011 : Massification, structuration et doctrine Sarkozy.

L’opposition à la nouvelle loi pousse à les sound systems à se structurer, des collectifs nationaux et régionaux voient le jour. Le teknival du Col de l’Arche, coup « politique » des sound systems, oblige les pouvoirs publics à commencer le dialogue avec leurs représentants informels. Le ministre de l’intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy prend le dossier en main personnellement et sur quelques années, une sorte de deal est passé entre les collectifs et le gouvernement. Les grands teknivals sont autorisés et co-organisés avec les sound systems en échange d’un assouplissement de la loi et d’une certaine tranquillité tout au long de l’année pour les simples free parties. Dans la même période, la médiatisation des teknivals entraine une fréquentation record qui culmine en 2006 à Chavannes ou plus de 80 000 personnes sont présentes.

Le teknival, en plus d’une fête, est devenu un véritable outil politique pour les sound systems, leur porte d’entrée au ministère de l’Intérieur pour parler de la réalité de leur mouvement tout au long de l’année. À part un accroc en 2009 qui voit le teknival du 1er mai rebasculer dans l’illégalité avec de nombreux incidents et d’encore plus nombreuses saisies de matériel, la plupart des éditions se déroulent légalement et regroupent des sound systems venus de toute l’Europe.

La « doctrine Sarkozy » : Du côté du gouvernement, on considère qu’il est plus simple d’accompagner les jeunes français dans leurs fêtes que de s’y opposer par la violence et sans grande efficacité. Une sorte d’équilibre s’établi jusqu’au début des années 2010, quitte à ce que le ministère de l’Intérieur force la main à quelques préfets peu motivés pour accueillir la fête dans leur département. Certains teknivals disparaissent (15 aout), d’autres (Trans’off, Teknival de Bretagne) sont transformés en initiatives innovantes comme les « multi-sons » dans l’ouest de la France qui proposent des alternatives légales à ces grands rassemblements. Sur le terrain les saisies sont très rares et les collectifs acceptent ces évolutions qui leur permettent de mieux préparer leurs fêtes et valoriser le côté culturel du mouvement. Des teknivals illégaux mais d’ampleur limitée ont toujours lieu et se déroulent généralement bien.

2012-2015 : la charnière

Progressivement après 2012, les relations entre force de l’ordre et sound systems se dégradent peu à peu sur le terrain. Le contexte de montée en puissance d’une vision beaucoup plus sécuritaire de l’ordre public motivée par la menace terroriste y participe grandement. L’explosion du nombre de sound systems et la multiplication des fêtes sur l’ensemble du territoire aussi, même si dans leur grande majorité, elles se déroulent sans incidents. Les saisies et affrontements entre forces de l’ordre et free parties se multiplient. La concertation laisse place au rapport de force, les manifestations légales sont progressivement abandonnées et seul le teknival du 1er mai crée encore un lien entre institutions et sound systems. Il se déroule sur des bases militaires réquisitionnées par l’état mais les saisies répétées font monter la contestation contre cet événement qui devient peu à peu déconnecté de la réalité du terrain. Si le public est toujours très nombreux à Laon-Couvron (2012) Cambrai (2013) ou Reims (2014), les teknivals illégaux font progressivement leur retour en réaction aux nombreuses saisies. Devant le constat de cette dégradation du dialogue, l’association Freeform est créée pour tenter de remettre en place une surface de concertation entre les collectifs et le gouvernement.

2016 : La rupture

Alors que les problèmes se multiplient, les sound systems réunis en collectifs régionaux décident de ne plus assumer leur part de l’accord tacite conclus avec les équipes de Nicolas Sarkozy. Du côté du ministère de l’Intérieur, le renouvellement des conseillers à fait oublier le travail qui avait mené à ce statut quo, certes en limite de la légalité, mais efficace sur le terrain. De part et d’autre, le pragmatisme laisse la place à une vision plus idéologique et les positions se radicalisent. Pour beaucoup de sound systems, il est illogique de participer à une fête autorisée une fois par an si tout au long de l’année la pression les empêche de s’exprimer. Ils demandent une évolution de la loi pour permettre à leur pratique d’exister de manière paisible et concertée sur l’ensemble du territoire.
Freeform s’implique à leur côté pour évoluer la situation mais sans succès. Deux années de suite, le teknivals du 1er mai dans la moitié nord et celui du 15 aout (dans le sud) ont lieu de manière illégale et rassemblement plusieurs dizaines de milliers de personnes. Du côté de l’état, si les ministères de la Jeunesse, de la Culture et de la Santé prônent le dialogue, l’Intérieur refuse toute évolution du cadre légal, bien que celle-ci soit aussi soutenue par des parlementaires. Un projet de modification du décret d’application de l’amendement Marianni est même préparé et discuté jusqu’au cabinet du premier ministre en 2016 mais le ministère de l’Intérieur reste sur ses positions et emporte l’arbitrage. Les teknivals de Salbris (1er mai 2016) et Pernay (1er mai 2017) dans le nord et ceux du 15 aout de 2015 et 2016 dans le sud ont lieu sans réaction particulière et réunissent plusieurs dizaines de milliers de participants. L’édition de 2017 du 15 aout se déroulant sur la réserve naturelle de la Crau près de Marseille montre les limites de ce type rassemblements quand ils ne sont pas organisés par des équipes expérimentées, que ce soit légalement ou illégalement.

1er mai 2018 : Tentative de reprise de dialogue par les collectifs.

Prenant acte du refus de faire évoluer la loi, les coordinations régionales et nationales des sound systems, reviennent une nouvelle fois autour de la table des négociations pour essayer de faire avec le cadre existant. Une grande réunion nationale est organisée avec l’ensemble des ministères concernés et les représentants des collectifs. Lors de cette réunion, un certain nombre de projets sont actés dont l’accompagnement à l’organisation de multi-sons légaux, des concertations locales pour les free parties et la possibilité d’organiser les teknivals dans des conditions convenant à tous.

Avec l’accord de la coordination nationale des sound systems, Freeform prépare un projet de teknival autofinancé en grande partie mais il ne peut aboutir car le ministère de l’Intérieur refuse de réquisitionner un site adapté, condition sine qua none de l’organisation d’une fête légale.

Nous devons donc jeter l’éponge. Une alternative contestataire est mise en place à la hâte et à lieu sur la commune de Marigny dans la Marne. Elle réunit plus de 60 000 personnes sur 3 jours sans incident majeur. Si le choix du site peut faire polémique, ce que nous regrettons le plus c’est le manque de courage politique qui fait que le ministère de l’Intérieur préfère laisser se faire une fête dans des conditions périlleuses plutôt que de s’engager fortement pour apporter des réponses positives aux initiatives responsables et sérieuses des collectifs. La même chose sera constatée tout au long de 2018 avec l’échec partiel de l’accompagnement des multisons que nous avons vécu.

1er mai 2019... ?

Annoncé depuis de longs mois, le teknival va probablement réunir plusieurs dizaines de milliers de personnes ce week-end. Un grand nombre de préfectures organisent des réunions de préparation et dépensent une énergie folle pour prendre des arrêtés anti-rassemblement sur le territoire, fermer des sites et mobiliser des forces de l’ordre tout en espérant que le teknival se déroulera sur le département du voisin. S’engage alors un concours de rejet de patate chaude interdépartemental d’ampleur nationale qui pourrait faire rire si les enjeux n’étaient pas si importants.

Alors, avant que se lance la grande machine du teknival pour la 26ième année consécutive, on a simplement envie de poser une nouvelle fois cette question aux pouvoirs publics: ne serait-il pas plus simple, moins cher et moins énergivore de faire une place à cette culture au lieu de la combattre et de creuser encore plus profondément le fossé entre la jeunesse et les institutions ?

Basic.
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4 semaines

1ER MAI ET AUTRES TEKNIVALS FRANÇAIS, RETOUR SUR 26 ANNÉES DE FÊTES DEVENUES UN ENJEU POLITIQUE.

Depuis l’abandon de la « doctrine Sarkozy » en matière de gestion des teknivals en 2016 par le ministère de l’Intérieur, le rôle de médiation d’une association comme Freeform est progressivement devenu obsolète sur cette manifestation dampleur nationale. Cependant, avec pour certains d’entre nous près de 25 ans d’implication dans cette mission de médiation entre les sons et les autorités, nous tentons de remettre les éléments en perspective sur le temps long. 

Retour sur 26 ans de teknivals français et de l’évolution des enjeux politiques qu’ils ont pu porter.
 
1993 – 1998 : les années d’insouciance

Les premières éditions du teknival correspondent à l’émergence d’un mouvement free party français tout feu tout flamme, un peu fou et utopique, importé d’Angleterre par des collectifs impliqués à la fois musicalement et politiquement tels que les Spiral Tribe, UFO, Vox populi, Bedlam… Leur vision rencontre vite un écho auprès des jeunes français. De nombreux sound systems se forment, les rejoignent et prennent en main l’organisation de ces fêtes. Si le nombre de participants reste limité, les rassemblements durent parfois 8 jours non-stop et sont fréquentés par un public d’initiés : travellers, tribes françaises et européennes fortement impliquées dans cette culture émergente et le mode de vie qui va avec. Bien que non déclarés, les teknivals ne posent pas de problèmes majeurs aux autorités et se déroulent avec une tolérance relative.

98-2002 : La montée en puissance

Sur cette période, les teknivals se multiplient et la fréquentation augmente. Ces fêtes, en devenant plus populaires, deviennent aussi un enjeu d’ordre public. Choix de sites hasardeux, difficultés à gérer l’afflux d’un public de plus en plus nombreux et moins conscientisé. L’image des teknivals se dégrade rapidement. Alors que les free aussi se multiplient sur le territoire, une loi vient tenter de mettre un coup d’arrêt à l’expansion du mouvement, c’est « l’amendement Marianni » qui donne un outil radical aux forces de l’ordre pour stopper ces fêtes : la saisie du matériel.

2002-2011 : Massification, structuration et doctrine Sarkozy.

L’opposition à la nouvelle loi pousse à les sound systems à se structurer, des collectifs nationaux et régionaux voient le jour. Le teknival du Col de l’Arche, coup « politique » des sound systems, oblige les pouvoirs publics à commencer le dialogue avec leurs représentants informels. Le ministre de l’intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy prend le dossier en main personnellement et sur quelques années, une sorte de deal est passé entre les collectifs et le gouvernement. Les grands teknivals sont autorisés et co-organisés avec les sound systems en échange d’un assouplissement de la loi et d’une certaine tranquillité tout au long de l’année pour les simples free parties. Dans la même période, la médiatisation des teknivals entraine une fréquentation record qui culmine en 2006 à Chavannes ou plus de 80 000 personnes sont présentes. 

Le teknival, en plus d’une fête, est devenu un véritable outil politique pour les sound systems, leur porte d’entrée au ministère de l’Intérieur pour parler de la réalité de leur mouvement tout au long de l’année. À part un accroc en 2009 qui voit le teknival du 1er mai rebasculer dans l’illégalité avec de nombreux incidents et d’encore plus nombreuses saisies de matériel, la plupart des éditions se déroulent légalement et regroupent des sound systems venus de toute l’Europe.

La « doctrine Sarkozy » : Du côté du gouvernement, on considère qu’il est plus simple d’accompagner les jeunes français dans leurs fêtes que de s’y opposer par la violence et sans grande efficacité. Une sorte d’équilibre s’établi jusqu’au début des années 2010, quitte à ce que le ministère de l’Intérieur force la main à quelques préfets peu motivés pour accueillir la fête dans leur département. Certains teknivals disparaissent (15 aout), d’autres (Trans’off, Teknival de Bretagne) sont transformés en initiatives innovantes comme les « multi-sons » dans l’ouest de la France qui proposent des alternatives légales à ces grands rassemblements. Sur le terrain les saisies sont très rares et les collectifs acceptent ces évolutions qui leur permettent de mieux préparer leurs fêtes et valoriser le côté culturel du mouvement. Des teknivals illégaux mais d’ampleur limitée ont toujours lieu et se déroulent généralement bien.

2012-2015 : la charnière

Progressivement après 2012, les relations entre force de l’ordre et sound systems se dégradent peu à peu sur le terrain. Le contexte de montée en puissance d’une vision beaucoup plus sécuritaire de l’ordre public motivée par la menace terroriste y participe grandement. L’explosion du nombre de sound systems et la multiplication des fêtes sur l’ensemble du territoire aussi, même si dans leur grande majorité, elles se déroulent sans incidents. Les saisies et affrontements entre forces de l’ordre et free parties se multiplient. La concertation laisse place au rapport de force, les manifestations légales sont progressivement abandonnées et seul le teknival du 1er  mai crée encore un lien entre institutions et sound systems. Il se déroule sur des bases militaires réquisitionnées par l’état mais les saisies répétées font monter la contestation contre cet événement qui devient peu à peu déconnecté de la réalité du terrain. Si le public est toujours très nombreux à Laon-Couvron (2012) Cambrai (2013) ou Reims (2014), les teknivals illégaux font progressivement leur retour en réaction aux nombreuses saisies. Devant le constat de cette dégradation du dialogue, l’association Freeform est créée pour tenter de remettre en place une surface de concertation entre les collectifs et le gouvernement. 

2016 : La rupture

Alors que les problèmes se multiplient, les sound systems réunis en collectifs régionaux décident de ne plus assumer leur part de l’accord tacite conclus avec les équipes de Nicolas Sarkozy. Du côté du ministère de l’Intérieur, le renouvellement des conseillers à fait oublier le travail qui avait mené à ce statut quo, certes en limite de la légalité, mais efficace sur le terrain. De part et d’autre, le pragmatisme laisse la place à une vision plus idéologique et les positions se radicalisent. Pour beaucoup de sound systems, il est illogique de participer à une fête autorisée une fois par an si tout au long de l’année la pression les empêche de s’exprimer. Ils demandent une évolution de la loi pour permettre à leur pratique d’exister de manière paisible et concertée sur l’ensemble du territoire. 
Freeform s’implique à leur côté pour évoluer la situation mais sans succès. Deux années de suite, le teknivals du 1er mai dans la moitié nord et celui du 15 aout (dans le sud) ont lieu de manière illégale et rassemblement plusieurs dizaines de milliers de personnes. Du côté de l’état, si les ministères de la Jeunesse, de la Culture et de la Santé prônent le dialogue, l’Intérieur refuse toute évolution du cadre légal, bien que celle-ci soit aussi soutenue par des parlementaires. Un projet de modification du décret d’application de l’amendement Marianni est même préparé et discuté jusqu’au cabinet du premier ministre en 2016 mais le ministère de l’Intérieur reste sur ses positions et emporte l’arbitrage. Les teknivals de Salbris (1er mai 2016) et Pernay (1er mai 2017) dans le nord et ceux du 15 aout de 2015 et 2016 dans le sud ont lieu sans réaction particulière et réunissent plusieurs dizaines de milliers de participants. L’édition de 2017 du 15 aout se déroulant sur la réserve naturelle de la Crau près de Marseille montre les limites de ce type rassemblements quand ils ne sont pas organisés par des équipes expérimentées, que ce soit légalement ou illégalement.

1er mai 2018 : Tentative de reprise de dialogue par les collectifs.

Prenant acte du refus de faire évoluer la loi, les coordinations régionales et nationales des sound systems, reviennent une nouvelle fois autour de la table des négociations pour essayer de faire avec le cadre existant. Une grande réunion nationale est organisée avec l’ensemble des ministères concernés et les représentants des collectifs. Lors de cette réunion, un certain nombre de projets sont actés dont l’accompagnement à l’organisation de multi-sons légaux, des concertations locales pour les free parties et la possibilité d’organiser les teknivals dans des conditions convenant à tous.

Avec l’accord de la coordination nationale des sound systems, Freeform prépare un projet de teknival autofinancé en grande partie mais il ne peut aboutir car le ministère de l’Intérieur refuse de réquisitionner un site adapté, condition sine qua none de l’organisation d’une fête légale.

Nous devons donc jeter l’éponge. Une alternative contestataire est mise en place à la hâte et à lieu sur la commune de Marigny dans la Marne. Elle réunit plus de 60 000 personnes sur 3 jours sans incident majeur. Si le choix du site peut faire polémique, ce que nous regrettons le plus c’est le manque de courage politique qui fait que le ministère de l’Intérieur préfère laisser se faire une fête dans des conditions périlleuses plutôt que de s’engager fortement pour apporter des réponses positives aux initiatives responsables et sérieuses des collectifs. La même chose sera constatée tout au long de 2018 avec l’échec partiel de l’accompagnement des multisons que nous avons vécu. 

1er mai 2019... ?

Annoncé depuis de longs mois, le teknival va probablement réunir plusieurs dizaines de milliers de personnes ce week-end. Un grand nombre de préfectures organisent des réunions de préparation et dépensent une énergie folle pour prendre des arrêtés anti-rassemblement sur le territoire, fermer des sites et mobiliser des forces de l’ordre tout en espérant que le teknival se déroulera sur le département du voisin. S’engage alors un concours de rejet de patate chaude interdépartemental d’ampleur nationale qui pourrait faire rire si les enjeux n’étaient pas si importants.

Alors, avant que se lance la grande machine du teknival pour la 26ième année consécutive, on a simplement envie de poser une nouvelle fois cette question aux pouvoirs publics: ne serait-il pas plus simple, moins cher et moins énergivore de faire une place à cette culture au lieu de la combattre et de creuser encore plus profondément le fossé entre la jeunesse et les institutions ?

Basic.

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Un peu de lecture pour les motivés !

Julien Nanou Pierre

Super texte merci !

Alizée Soutier

Rich Du Four

Full Support French Friends full Support French Tek

Louis Cognault

Joe Smith

...*entre la jeunesse et les institutions*..Perso j ai 38 piges...et je vais toujours en tawa et je crois pas être un cas isolé ....!!! 😁

Alain Willemet

Rima Ls

Maxence Brosseau lit ça 😱

Victor, parce que je ne te tag pas que sur de la merde 😉

Sympa le petit report

Beau travail! Full support

Teknival lieux

bon compte rendu merci !!!!! la suite ce week end et aprés donc .... merci aux sons et passionnés- ées de ne rien lacher .

Bon commentaire ! Un jour tout ira mieux... RAVE ON !! 🔊🔊

Rima Ls

De plus ils font tous des efforts enfin restant l esprit free. Et nous comme tout le monde qui plus ait eco au possible avev poubelle et j en passe. Ouïs le nettoyage du site qui lors d une teuf de 100 sa va plus ou moins vite. Mais la pour autant c est la même. En coupon le sons. 1 ou 2h pour nettoyage... Et l auto.gestion qui malheureusement ou on trouves jours. Pas mal de mal vienne juste se prendre une pêrche. Je ne parle même pas de la donation. C est déjà très bas. Alors que quant sa sort en boîte pour claquer 100e dans une bouteille ou en free également. Les sites sont sont quant son déjà surtout pour le tekos on va dire. Exactement alors que si faisait tout le monde un petit geste. Verrez comment suite à la soirée. Le site plus propre que auparavant. Et loin d être clé en boîte où au moins regard tu as des chances qu un mauvais regard passe et ya pas une soirée sans embrouille. Limite un paf de 2e obligatoire cela va finir comme cela. Car quand sa passe à la donation. Bizarrement rare sont ceux qui donne quelques euros alors qu il on dans la poche, des billets... Mais à 4 mettre 1e c est un peu moyen... Faut penser au orga qui galère à trouver des sites surtout assez loin des maisons. Et le mur tourné en fonction du vent etc... Faut pas oublier que c est eu,xqui prenne du temps, payé pour le matos.... Car plusieurs dizaine de tonne de déchets. Peu sont les volontiers pour donner à coup de main.

"S’engage alors un concours de rejet de patate chaude interdépartemental d’ampleur nationale qui pourrait faire rire si les enjeux n’étaient pas si importants." Cela ne fait aucun doute, vous savez mettre les mots justes sur la situation actuelle !

Très instructif merci

Très bon résumé objectif du début jusqu'à la fin ! J'émets juste un doute quand aux raisons de l'augmentation de la répression: le risque terroriste... A la rigueur une excuse mais pas une raison sérieuse...

Cest triste la réalité ... Mais que faire ? Genre vous croyez que dans 20 ou 30ans le tekos existera encore ? Faut pas raver trop fort non plus ... Perso J'espère qu'il claqueron encore du vinyle moi c'est déjà beaucoup espéré ^^

Très instructif et très bien écrit

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Broke vs Ratisch @ Teknokturn - B2B Broke Heretik vs Ratisch Oblyk-Dfroké Sound system
Broke - Brainhacker [Heretik] @ Teknokturn - Broke Heretik live mix @ Teknokturn

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Ratisch [Oblyk Dfroke] @ l'infrabase - Rediffusion du mix de Ratisch [Oblyk Dfroke] @ l'infrabase (Part.1)
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